Partager l'article ! Ostriconi, 1982.: (argentique photo GG) Haute Corse. L’une des dernières grèves du pays encore totalement ...
Haute Corse. L’une des dernières grèves du pays encore totalement sauvage, accessible par un sentier
traversant les prémices d’un sous-bois avant de s’aller serpenter dans un désert de dunes cactussieuses. Quittant alors la fraîcheur de l’ombre, le sable brûlant sous la corne des pieds nus
obligeait la nervosité du pas. Au niveau du petit pont de bois, aux lattes un peu glissantes, on pouvait s’arrêter un moment et plonger son filet dans l’Ostriconi. En quelques secondes, la
friture du soir était ainsi assurée. Les jours se fouettaient au travers des vagues, gigantesques et fumantes, et dans les criques solitaires où nous observions, des heures durant, les petits
poissons lumineux évoluer sous la roche. Nos cris d’enfants épousaient ceux de la mer, nous savions le soleil invincible.
Sur cette plage un matin, Marie-Line a fait son premier galop.
On m’a raconté qu’aujourd’hui, cassant la falaise, une grosse route y mène, avec des voitures familiales, des
mobile home. Des papiers gras, partout, se mêlent désormais aux algues. Le fond strié de l’océan s’adjoint de l’odeur des frites et du graillon. Et quand tu tends le bras, tu touches quelqu’un
tant c’est bondé.
Tout le monde marche en maillot de bain.
Tu l'as dit :