
(mai07 - à l'écorce de la Matrice, suite)
« C'est l'un des paradoxes chatoyant de la matrice, celui du décor qui s'imprègne et imprègne le temps, et de son usure visuelle. Chaque écaille de peinture qui se détache sur un mur; chaque choc, chaque chic éraflure, chaque séquelle est en soi une œuvre d'art, celle du temps qui érode le décor lisse de la Matrice, notre hallucination collective.
Ce mur est un résumé, un palimpseste urbain, un voile usé et tâché devant lequel nous fuyons notre "tous les jours" qui ne regarde plus rien. Personne ne se soucie plus de la parure du monde, de son son, de ses signes et de son silence bavard. Nous allons de A à B et de B à C puis de Z à X comme autant d'électromagnétiques trajectoires sans voir ces immenses couloirs qui nous conduisent...comme des bêtes aveuglées.
Nous consommons nos vies comme des produits déjà périmés. »









