Opinion

Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 01:18

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! à visionner à l'entr'acte --> Edwy Plenel, journaliste au Monde, s'engage contre N.S. :

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L'hémisphère gauche d'un cerveau de droite.

Portrait de Nicolas Sarkozy. Acte 2.
Cambridge, (USA), vendredi 6 avril 2007, 10h10 heure locale.

par Michel Onfrey

 

Rendez-vous fut donc pris pour une seconde séance. Elle eut lieu au même endroit le Jeudi 1er mars. J'arrive donc à huit heures du matin, place Beauvau, avec mes trois acolytes. Apparemment, Nicolas Sarkozy n'avait pas prévu que je revienne accompagné et m'attendait pour un petit déjeuner en tête à tête … De bonne grâce, il fait ajouter trois couverts par un personnel très balzacien dans le costume et la scénographie.


Nous ne parlons pas de sujets qui fâchent – politique, gaullisme, libéralisme, religion, présidentielles, ministère de l'intérieur- et commençons de plain pied avec Sénèque qu'un ami – probablement de qualité…- lui a conseillé de lire au moment de sa traversée du désert après l'aventure du soutien à Edouard Balladur. Je tiens, de fait, les Lettres à Lucilius pour un immense livre pas si éloigné de ça de l'épicurisme et sûrement pas aussi caricatural à l'endroit de la philosophie d'Epicure que le rabâche la vulgate stoïcienne.
Je conçois que ce livre puisse produire les meilleurs effets sur un homme du commun, mais sur un homme qui évolue dans les couloirs des officines les plus élevées de la République, je suis curieux de l'effet. Car on oublie cette vérité élémentaire que, derrière l'icône médiatique, la caricature journalistique, la réduction de l'image publique, les clichés qui constituent l'occasion d'une réputation, bonne ou mauvaise, les images qui amplifient l'amour des conquis ou développent la haine des opposants, il existe un homme de chair et d'os, d'âme et de peur, d'angoisses et de faiblesses, de fragilités et de névroses, un être qui entretient avec les fantômes de son enfance et les spectres de sa mort, ou de celle des êtres qui comptent pour lui, une relation intime dans laquelle tout est dit, mais codé, transfiguré par un inconscient qui enterre tout cela, ne laissant dépasser de temps en temps que des morceaux d'os et des fragments d'âme .
Sénèque ou l'art de vivre avec, de composer avec les coups du destin, de transformer les échecs (politiques) en succès (existentiels), de rencontrer l'essentiel en face, sans fioritures, sans les emballages mensongers des palais du pouvoir ; Sénèque ou les rendez-vous avec la mort, la douleur, la souffrance, le temps qui passe ; Sénèque et l'amitié ; Sénèque ou l'essentiel après quoi la philosophie morale peut plier bagages pour un long temps ; Sénèque et Néron, aussi. Je suis dans le bureau du Ministre de l'Intérieur… Le Ministre, le pouvoir, l'ingratitude.


Je sens la douleur de cette période - où, dit il, il était « redescendu tout en bas » - dans son existence : il n'aime pas les échecs, lui moins qu'un autre. Il affirme faire de la politique pour être aimé. « Comme tout le monde dit-il, parce que tout le monde a envie d'être aimé ». Etrange d'avoir choisi la politique, un monde en noir et blanc où l'on aime si peu, et où l'on déteste tant, même et surtout avec les protagonistes de son propre camp. En politique, il n'y a que des alliances opportunistes, des amitiés de tactique, des liaisons de stratégie aussi vite conclues que dénoncées.
Dans cet univers vipérin, chacun cache une dague dans sa manche et l'on n'est jamais poignardé que par ses plus proches – ici comme ailleurs. Faire de la politique pour être aimé est une étrange démarche, car, dans ce bassin de murènes, on récolte bien plus souvent la haine, le mépris, la détestation dans ce monde ci que dans d'autres où, pourtant, les passions tristes font aussi la loi. Je ne crois donc pas Nicolas Sarkozy quand il avance cette idée écran : la politique pour être aimé….
A l'évidence, quelque chose d'autre se cache derrière ce paravent. Car l'exercice politique haut de gamme, à ces niveaux de dangerosité psychiatrique, a plus à voir avec la quête d'une puissance défaillante qu'avec un besoin d'amour, elle parait plus en phase avec un manque de soi plus qu'avec une envie d'exister dans le regard aimant d'autrui . Un freudien verrait probablement dans cette tyrannie de la puissance défaillante - qui architecture une existence toute entière- un écho à la castration, donc la menace d'une ombre du père – du géniteur, père réel, aux modèles politiques, pères symboliques, évidemment.


Belles lumières dans le jardin du Ministère. Des immeubles autour, paisibles, calmes, avec vue plongeante sur le carré de pelouse, les arbres et un panier de basket accroché à l'un d'entre eux- un morceau de vie dans un bunker de la nation. Une antenne immense avec des câbles qui arriment l'ensemble au sol : le totem des communications de la police française. La voix des Fouché et de ses comparses d'aujourd'hui partant codée, cryptée, porter la bonne nouvelle policière dans tous le pays.
Beaux produits, bonne cuisine sur la table du petit déjeuner. Service impeccable. Œufs au plat, jus d'orange, café, pain grillé, confitures… Non loin, en face du bureau, une table avec la presse du jour et les quotidiens. Derrière le fauteuil du ministre, une horloge à affichage numérique (la même tuait le temps avant le changement de millénaire sur la façade de Beaubourg pendant des mois…) décompte compulsivement les heures, les minutes, les secondes qui (nous) séparent des élections… Le Ministre, le pouvoir, l'angoisse.


Le sablier post-moderne en instrument de Vanité, voilà probablement un indice sur l'âme de l'homme qui court après le temps, que le présent n'intéresse qu'en regard du futur, de l'avenir, de demain. Incapable de jouir de l'instant, il semble toujours le sacrifier pour un temps à venir. Il confie que, depuis toujours, ce qui l'intéresse c'est l'étape suivante : «  Quand j'étais jeune militant, au fond de la salle, je voulais être devant. Quand j'étais devant, je voulais être sur la scène. Quand j'étais sur la scène, je voulais être à la tribune. Quand je me suis trouvé à la tribune, j'ai eu envie de plus, de mieux, de la marche d'après. Je suis fait comme ça… ». Le Ministre, le pouvoir, la solitude.


Je me prend à penser : mais que peut désirer ensuite cet homme s'il est élu président de la République, sinon sa réélection ? Et après une éventuelle réélection ? Dès lors la République, la Nation, l'Etat, le bien public, l'intérêt général, la France, le drapeau, et autres personnages fantoches de la pièce de théâtre qui se joue nationalement, tout cela compte pour bien peu, sinon rien . La politique cache de petites histoires psychiques, elle dissimule les micros aventures de l'inconscient d'un homme seul, fragile, inachevé, mutilé, souffrant. La course à la présidence de la République n'est pas seulement une affaire politique, mais aussi (et surtout ?) une logique thérapeutique, une cure sur le divan, une plainte mal contenue débordant sur tout le pays pris en otage de ce traitement . Plainte de douleur muette, de souffrance silencieuse, mais néanmoins réelles…
Nous parlons d'Albert Cohen. Je tiens Belle du seigneur pour un très grand livre dans l'histoire universelle de la littérature. Il acquiesce, confirme et détaille son plaisir à lire le monologue d'Ariane au bain, mais précise qu'il préfère Le livre de ma mère… Première phrase de ce livre : «  Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». Le Ministre, l'amour, la mère.


Il embraye sur Yasmina Reza, raconte comme elle est venue le trouver pour écrire sur lui et suivre sa campagne. Comment il a donné son accord pourvu qu'elle ne pose aucune question. Confirmé qu'en cas d'accord, il lui laisserait libre accès à ses archives. « Si je gagne, ce sera le roman du couronnement, de l'apothéose. Si je perds, celui du tragique. Dans les deux cas, ça fait une histoire intéressante ». Le Ministre, l'écrivain, le roman- et ses personnages…
Il parle de Dans la luge de Schopenhauer, sa dernière pièce, avoue préférer Le dieu du carnage ( vue avant de faire la connaissance de son auteur) dans laquelle une scène met en présence un couple, lui à terre, roulé en boule, comme un chien, au pied de sa femme. Il lui demande s'il l'aime encore, elle touche du bout du pied l'homme avachi. On ne sait si elle va lui donner un coup ou pas… Racontant cette scène, son visage quintessencie l'angoisse qu'il incarne à cet instant… Regard d'enfant angoissé. Je sens que cet homme a vibré à la théâtralisation de cette situation existentielle dans laquelle il a dû probablement se trouver, l'inconscient fouaillé. Le Ministre, l'amour, la femme.


Sur la souffrance – celle du Ministre ayant misé sur le mauvais cheval présidentiel, celle de l'homme amoureux d'une femme qui a peut-être eu besoin du corps d'un tiers pour affirmer son amour à l'homme de sa vie -, il énonce une vérité stoïcienne : la réalité de la douleur est moins douloureuse que la peur de la douleur. On sent la découverte vécue et la quiétude suivant la trouvaille, comme un enfant ravi du bonheur d'une paix conquise. Celui qui rit de Socrate jouit de ses trouvailles socratiques. Tant mieux pour lui ; tant mieux pour Socrate.
Il avoue ne pas aimer attendre, être pressé, il apprécie les passions fortes, les sensations et les émotions denses, il veut mille vies dans une, la sienne. Je comprends cette façon de voir les choses, car je suis dans le même état d'esprit. Mais lui dans l'inquiétude dispersée, moi dans la quiétude concentrée. Lui, intranquille éparpillé dans les fragments, moi tranquille dans le grand tout. Lui nerveux sans cesse, moi serein tout le temps. Lui n'aimant pas l'introspection, la philosophie, Socrate, moi ayant construit ma vie sur cette discipline, et avec elle, comme une ascèse, depuis des années, puis acquis mon équilibre de haute lutte tant mon départ dans la vie fut contemporain de cauchemars qui rendaient très improbable une vie heureuse.
Sentant probablement mon accord avec lui sur la jubilation dans l'exercice de ces vitesses existentielles, il me demande : « vous êtes comme ça vous aussi, non ? ». J'acquiesce. Il ajoute : «  Je m'en doutais. J'ai le regret de vous dire qu'on pourrait partir en vacances ensemble ! ». Suivent des considérations qui, à propos des complicités de personnes, écartent la politique et mettent au centre le « style »… Comment ne pas être d'accord  ? Le style, autrement dit, la petite musique reconnaissable, le ton, le tempérament, le caractère, la façon, le mode d'être, l'existence impossible à dupliquer , la singularité, la subjectivité – hors réputation, cet inévitable malentendu .
Je m'arrête sur cette idée étonnante : partir en vacances avec Nicolas Sarkozy ! Un instant, je me suis vu dans un décor de rêve, un endroit méditerranéen, mer et soleil, ciel insolemment bleu et chaleur estivale, certes, mais avec un entourage cauchemardesque : sur la terrasse matutinale, André Glucskmann reprend de la confiture, Pascal Bruckner lui demande le pot, Doc Gynéco se verse du café, Christine Angot attend son tour pour le pain grillé, Alain Minc demande du Nutella, Johnny Hallyday a la bouche pâteuse, et l'on attend le passage de BHL qui rentre du Darfour et repart à Marrakech… Je sens que cette idée de vacances est un piège, non qu'il me le tende à dessein, - du moins je ne le crois pas, je l'imagine sincère à ce moment…- mais parce que cet entretien, si Philosophie magazine conserve ce moment-là, ne sera probablement vu et lu que par le prisme de cette invite en forme de boutade.


Je me réveille un peu, n'étant guère du matin. Le rêve des vacances devenu cauchemar m'a sorti du brouillard… Dehors les bruits de la ville, l'activité du monde, la rumeur de Paris. Le petit déjeuner se poursuit dans le calme. Finies la nervosité et l'agressivité des premiers moments de la semaine précédente, finis les gestes qui trahissaient la contrariété, l'agressivité, l'agitation. Dans ce bureau du ministre de l'intérieur, dans cet emploi du temps de candidat aux présidentielles, de patron d'une formation politique de droite majoritaire, nous parlons de Cohen et Rabelais, de Céline et Schopenhauer, de Sénèque et Shakespeare… Inattendu.
Et puis ce moment où tout bascule, où je crois comprendre ce qui fait le grand fauve en politique, ce point commun à tous les gens de pouvoir, droite et gauche confondues, pourvu qu'ils soient dans des partis à même de se trouver effectivement aux affaires : le mépris des lois, l'envie d'occuper un poste, le plus important possible, qui rende possible ce mépris au quotidien, et pour longtemps, car il n'y a au pouvoir que gens sans foi ni loi. Ou du moins pour qui il n'existe qu'une foi et qu'une loi : Soi.


Le Ministre de l'Intérieur, celui qui veille au respect de l'ordre, de la Loi, celui qui fait respecter la conformité de l'action publique au contrat républicain et aux règles constitutionnelles en disposant du pouvoir de mettre en branle la force publique, celui qui a les moyens d'activer par la voie disciplinaire et policière la répression de tout ce qui (lui) semble un désordre, cet homme là, donc, dans son bureau Place Beauvau, fait l'éloge de la transgression…
Voici ses propos : « Je pense que l'on se construit en transgressant, qu'on crée en transgressant. Moi-même j'ai créé mon personnage en transgressant certaines règles de la pensée unique. Je crois en la transgression. Mais ce qui me différence des libertaires (dont j'avais pris soin de lui dire que c'était ma famille), c'est que pour transgresser il faut qu'il y ait des règles ! Il faut qu'il y ait de l'autorité, il faut qu'il y ait des lois. L'intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c'est justement qu'elles permettent la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté. Car la liberté, c'est transgresser ». Sidérant : la saillie mérite une note sur sa fiche aux renseignements généraux…


J'ai souvent entendu d'anciens gauchistes devenus chrétiens (Philippe Sollers, Jacques Henric, Guy Scarpetta et une partie de la bande d'Art-Press, dont Catherine Millet) défendre Jean-Paul II d'une main et Sade dans l'autre, célébrer les vertus de l'église catholique, apostolique et romaine en même temps que les bordels, les hôtels de passe, les filles du trottoir, les cérémonies sado-masochistes. Ceux-là communient en Georges Bataille qui fut, ontologiquement, le paradoxal défenseur de l'ordre répressif afin de pouvoir le transgresser, puis de jouir de cette transgression. Sade, Bataille, Sarkozy, mêmes combats ?
D'une part l'ordre, la loi, le pouvoir, la norme, le code pénal, la police, la réglementation, la discipline, l'autorité, la force, le Ministère de l'intérieur, d'autre part la négation de tout cela : la liberté entendue comme la licence, la possibilité de faire ce que l'on veut, quand on veut, comme on veut, sans jamais avoir de comptes à rendre à personne. Quelle meilleure place pour un tempérament rebelle aux lois que celle de chef de la police nationale ? Ou pour un individu désireux de s'affranchir et de tuer le Père que celle de patron des forces de l'ordre ? Pour l'ennemi des lois, quel poste plus stratégique que celui de gardien de la loi ? Exercer le pouvoir, c'est être sûr de disposer de l'impunité. Etre au sommet, c'est n'avoir personne au-dessus de soi.
Le Roi n'a que des sujets. Il ne rend donc de comptes qu'aux principes, aux grands et gros mots, autrement dit, à la Loi qu'un subterfuge verbal républicain identifie à la volonté générale, donc à la souveraineté populaire qui a le bon goût de ne jamais demander de comptes . Des comptes que, de toute façon, on ne lui donnerait pas… Au dessus de soi, la Loi sur laquelle on peut s'asseoir. A quoi sert un trône sinon ?


Nous allions vers la fin de notre entretien. J'étais le libertaire qui défend la loi, il était le disciplinaire qui célébrait la transgression ! Le ministre de l'intérieur ne trouvait aux règles qu'une bonne raison d'exister : la possibilité de les ignorer ; le philosophe nietzschéen parlait pour peu d'interdits, mais pour des interdits majeurs, fondateurs de communautés qui, sinon, deviennent impossibles. Et le premier n'excluait pas de partir en vacances avec le second.- qui, lui, n'envisageait pas la chose… Le monde à l'envers !


Les sabliers vinrent rappeler au candidat qu'il avait autre chose à faire que discuter et tirer des plans sur la comète philosophique. Je me souvenais que, dans le courant de la conversation, il avait affirmé, lorsque nous parlions d'Albert Cohen et d'amour, que le désir d'une chose est plus fort que sa réalisation. Savait-il qu'en affirmant : le désir ne tient jamais ses promesses, rien n'interdisait qu'on pense aussi au désir d'être sur la marche du dessus, celle qui le fascine tant, autrement dit de son envie viscérale d'être Président de la République ?
Aveu, clin d'œil, lapsus, soulèvement d'une partie du voile ? Morceau d'inconscient voguant sur l'océan noir comme un bloc de glace à la dérive ? Hameçon ? Dérapage qui livre une clé majeure ? L'horloge continuait à tuer le temps qui le sépare du résultat de la consultation nationale. La lumière devenait moins douce, plus pure, le jour se levait, la matinée s'entamait, il était neuf heures passées. Dans l'embrasure de la porte, il me confie le plaisir qu'il a eu à ces conversations. Sans sourciller, le plus sérieusement du monde, il ajoute : «  vous viendrez me voir quand je serai en face »… Nouvelle sidération !


Dix minutes plus tard, sur le trottoir justement en face de l'Elysée, à quelques pas des grilles du ministère, j'attends pour laisser passer probablement sa voiture blindée qui sort. Couleur sombre, verre fumé. Une voiture grise du ministère de l'intérieur devant, la même derrière. Le cortège glisse, passe, part. Probablement pour le meeting du soir à Bordeaux. Ou pour ailleurs, avant. Dans son bureau, il y a Proudhon et Nietzsche, Foucault et Freud qu'il ne lira probablement pas. Peut-être déjà dans une poubelle, ou offerts, ou je ne sais quoi d'autre – des cadeaux pour la retraite de Chirac...


J'ai de la compassion - de la « tendresse de pitié » écrirait Albert Cohen- pour un être qui se détourne autant de lui-même, qui déteste son enfance, qui rit du projet de Socrate, qui veut toujours être dans un temps qui n'existe pas et qui, pour ce faire, piétine son présent avec la même ardeur qu'il foule son passé lointain ; j'ai de la compassion pour cet individu qui voudrait tellement être aimé et, maladroit, se fait tant détester ; j'ai de la compassion pour cet homme blessé qui croit pouvoir panser ses plaies avec les fétiches de la puissance ; j'ai de la compassion pour cet homme fragile qui sur joue tellement la force ; j'ai de la compassion pour cet homme qui n'échappera pas à lui-même : qu'il soit un jour Président de la République, ou qu'il ne le soit pas. L'air était frais, la lumière rasante, le soleil cru, les ombres humides. Je n'aurais pas échangé une seconde de sa vie pour une seconde de la mienne…


 

 

 

 

Par tRioL - Publié dans : Opinion
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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /Avr /2007 00:56

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Le cerveau d’un homme de droite.
Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 1.

De Boston (U.S.A.) mardi 3 avril, 16h00 heure locale.

par Michel Onfrey

La revue Philosophie magazine m’a demandé si, sur le principe, j’acceptais de rencontrer l’un des candidats à la présidentielle pour le questionner sur son programme culturel, son rapport aux choses de l’esprit ou sa relation à la philosophie. Dans la foulée de mon consentement, la rédaction m’a rappelé en me demandant si j’avais une objection contre Nicolas Sarkozy. Pas plus avec lui qu’avec un autre, j’aurais même consenti à Jean-Marie Le Pen tant l’approche de l’un de ces animaux politiques m’intéressait comme on visite un zoo ou un musée des horreurs dans une faculté de médecine. Ce fut donc Nicolas Sarkozy.

 

Il me paraît assez probable que son temps passé – donc perdu…- avec Doc Gynéco ou Johnny Hallyday le dispensait de connaître un peu mon travail, même de loin. Je comptais sur la fiche des renseignements généraux et les notes de collaborateurs. De fait, les porte plumes avaient fait au plus rapide : en l’occurrence la copie de mon blog consacrée à son auguste personne. Pour mémoire, son titre était : « Les habits de grand-mère Sarkozy » – j’y montrais combien le candidat officiel drapait ses poils de loup dans une capeline républicaine bien inédite …
Je me trouvais donc dans l’antichambre du bureau de la fameuse grand-mère Sarkozy, place Beauvau, en compagnie de deux compères de la rédaction de la revue et d’un photographe qui n’en revenaient pas de se retrouver dans cette géographie de tous les coups fourrés de la République. Epicentre de la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or d’Etat, et portraits des figures disciplinaires de l’histoire de France représentées en médaillons d’austères sinistres.

 

Arrivée du Ministre de l’intérieur avec un quart d’heure d’avance, il est 17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part. Il tourne dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation. Grand fauve blessé, il a lu mes pages de blog et me toise – bien qu’assis dans un fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes croisées, l’une d’entre elles est animée d’un incessant mouvement de nervosité, le pied n’arrête pas de bouger. Il tient un cigare fin et long, étrange module assez féminin. Chemise ouverte, pas de cravate, bijoux en or, bracelet d’adolescent au poignet, cadeau de son fils probablement. Plus il en rajoute dans la nervosité, plus j’exhibe mon calme.

 

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Premier coup de patte, toutes griffes dehors, puis deuxième, troisième, il n’arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul, débit impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt phrases autistes. Le directeur de cabinet et le porte-plume regardent et écoutent, impassibles. On les imagine capables d’assister à un interrogatoire musclé arborant le même masque, celui des gens de pouvoir qui observent comment on meurt en direct et ne bronchent pas. Le spectacle des combats de gladiateurs.

 

Je sens l’air glacial que transportent avec eux ceux qui, d’un geste du pouce, tuent ou épargnent. Poursuite du monologue. Logorrhée interminable. Vacheries lancées comme le jet de fiel d’une bile malade ou comme un venin pulsé par le projet du meurtre. Hâbleur, provocateur, sûr de lui en excitant l’adversaire à se battre, il affirme en substance : « Alors, on vient voir le grand démagogue alors qu’on n’est rien du tout et, en plus, on vient se jeter dans la gueule du loup… » !

Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite, morcelée : encore du cynisme sans élégance, toujours des phrases dont on sent qu’il les souhaiterait plus dangereuses, plus mortelles sans parvenir à trouver le coup fatal. La haine ne trouve pas d’autre chemin que dans cette série d’aveux de blessure. J’avance une autre phrase. Même traitement, flots de verbes, flux de mots, jets d’acides. Une troisième. Idem. Je commence à trouver la crise un peu longue. De toute façon démesurée, disproportionnée.
Si l’on veut être Président de la République, si l’on s’y prépare depuis le berceau, si l’on souhaite présider les destinées d’un pays deux fois millénaires et jouer dans la cour des grands fauves de la planète, si l’on se prépare à disposer du feu nucléaire, si l’on s’expose depuis des années en s’invitant tous les jours dans les informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées, numérisées, si l’on mène sa vie publique comme une vie privée, et vice versa, si l’on aspire à devenir le chef des armées, si l’on doit un jour garantir l’Etat, la Nation, la République, la Constitution, si, si, si, alors comment peut-on réagir comme un animal blessé à mort, comme une bête souffrante, alors qu’on a juste à reprocher à son interlocuteur un blog confidentiel peu amène, certes, mais inoffensif ?

Car je n’ai contre moi, pour justifier ce traitement disproportionné, que d’avoir signalé dans une poignée de feuillets sur un blog, que le candidat aux présidentielles me semblait très récemment et fort fraîchement converti à De Gaulle, au gaullisme, à la Nation, à la République, que ses citations de Jaurès et Blum apparaissaient fort opportunément dans un trajet d’une trentaine d’années au cours desquelles ces grands noms étaient introuvables dans ses interventions, questions qui, au demeurant, rendaient possible un débat, et que c’était d’ailleurs pour ces raisons que nous étions là, Alexandre Lacroix, Nicolas Truong et moi….
Cette colère ne fut stoppée que par l’incidence d’une sonnerie de téléphone portable qui le fit s’éloigner dans la pièce d’à côté. Tout en se déplaçant, il répondait avec une voix douce, tendre, très affectueuse, avec des mots doux destinés très probablement à l’un de ses enfants. Le fauve déchaîné tout seul devenait un félin de salon ronronnant de manière domestique. En l’absence du ministre, je m’ouvre à mes deux comparses en présence des deux siens et leur dit que je ne suis pas venu pour ce genre de happening hystérique et que j’envisage de quitter la place séance tenante…

J’étais venu en adversaire politique, certes, la chose me paraissait entendue, et d’ailleurs plutôt publique, mais ceci n’excluait pas un débat sur le fond que je souhaitais et que j’avais préparé en apportant quatre livres enveloppés dans du papier cadeau ! Quiconque a lu Marcel Mauss sait qu’un don contraint à un contre don et j’attendais quelque chose d’inédit dans ce potlatch de primitifs post-modernes …

Vaguement liquéfié, et sibyllin, le tandem de l’équipe de Philosophie magazine voyant leur scoop s’évaporer dans les vapeurs du bureau propose, dès le retour du Ministre, que nous passions à autre chose et que j’offre mes cadeaux… Je refuse en disant que les conditions ne sont pas réunies pour ce genre de geste et que, dans tous les sens du terme, il ne s’agit plus de se faire de cadeaux.

« Passons alors à des questions ? A un débat ? Essayons d’échanger ? » tentent Alexandre Lacroix et Nicolas Truong. Essais, ébauche. En tiers bien à la peine, ils reprennent leurs feuilles et lancent deux ou trois sujets. La vitesse de la violence du ministre est moindre, certes, mais le registre demeure : colère froide en lieu et place de la colère incandescente, mais colère tout de même.

 

Sur de Gaulle et le gaullisme récent, sur la Nation et la République en vedettes américaines – disons-le comme ça…- de son discours d’investiture , sur la confiscation des grands noms de gauche, sur l’Atlantisme ancien du candidat et son incompatibilité avec la doctrine gaullienne, le débat ne prend pas plus. Il m’interpelle : « Quelle est ma légitimité pour poser de pareilles questions ? Quels sont mes brevets de gaullisme à moi qui parle de la sorte ? Quelle arrogance me permet de croire que Guy Môcquet appartient plus à la gauche qu’à la France ? » Donc à lui…

 

Pas d’échanges, mais une machine performante à récuser les questions pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition de doctrine pour une récusation de sa personne. Je pressens que, de fait, la clé du personnage pourrait bien être dans l’affirmation d’autant plus massive de sa subjectivité qu’elle est fragile, incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la faiblesse viscérale et vécue. Aux sommets de la République, autrement dit dans la cage des grands fauves politiques, on ne trouve semble-t-il qu’impuissants sur eux-mêmes et qui, pour cette même raison, aspirent à la puissance sur les autres. Je me sens soudain Sénèque assis dans le salon de Néron…

 

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Habilement, les deux compères tâchent de reprendre le cours des choses, d’accéder un peu aux commandes de ce débat qui n’a pas eu lieu et qui, pour l’instant, leur échappe totalement. De fait, l’ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d’un être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d’une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d’autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d’un Ministre de l’intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la terre battue jonchées d’immondices après une cérémonie vaudoue…

 

Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité, donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne . Nicolas Sarkozy parle d’une visite faite à la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d’un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d’une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de l’être.

 

Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.

 

A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.

 

Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l’on voit comment la pensée de droite s’articule à merveille avec l’outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption, l’enfer, le paradis, la prison, la légion d’honneur, etc.
J’avance l’idée inverse : on ne choisit pas, d’ailleurs on a peu le choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l’on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques, géographiques ? Rien n’y fait. Il affirme : «  J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ». « Génétiquement » : une position intellectuelle tellement répandue outre-Atlantique !

 

 

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La génétique, l’inné, contre le social et l’acquis ! Les vieilles lignes de partage entre l’individu responsable de tout, la société de rien qui caractérise la droite, ou la société coupable de tout, l’individu de rien, qui constitue la scie musicale de la gauche … Laissons de côté la théorie. Je passe à l’exemple pour mieux tâcher de montrer que le tout génétique est une impasse autant que le tout social. Face à cet aveu de lieu commun intellectuel, je retrouve naturellement les techniques socratiques du lycée pour interpeller, inquiéter et arrêter l’esprit, capter l’attention de mon interlocuteur qui, de fait, semble réellement désireux d’avancer sur ce sujet.

J’argumente : Lui dont chacun sait l’hétérosexualité – elle fut amplement montrée sur papier couché, sinon couchée sur papier montré…-, a-t-il eu le choix un jour entre son mode de sexualité et un autre ? Se souvient-il du moment où il a essayé l’homosexualité, la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie afin de décider ce qui lui convenait le mieux et d’opter, finalement, et en connaissance de cause, pour l’hétérosexualité ? Non bien sûr. Car la forme prise par sa sexualité est affaire non pas de choix ou de génétique, mais de genèse existentielle. Si nous avions le choix, aucun pédophile ne choisirait de l’être…

 

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L’argument le stoppe. Il me semble qu’à partir de ce moment, le candidat aux présidentielles, le ministre de l’intérieur, l’animal politique haut de gamme laisse le pas à l’homme, fragile, inquiet, ostensiblement hâbleur devant les intellectuels, écartant d’un geste qui peut être méprisant le propos qui en appelle aux choses de l’esprit, à la philosophie, mais finalement trop fragile pour s’accorder le luxe d’une introspection ou se mettre à la tâche socratique sans craindre de trouver dans cette boîte noire l’effroyable cadavre de son enfance.
Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate «  Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’Etat, puissent gouverner celui qui règne !
Lors de sa parution, j’avais lu Le pouvoir et la vie de Valéry Giscard d’Estaing qui racontait ses crises d’angoisse, ses inhibitions le paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire psychanalyser (par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais de confidences faites par tel ami bien informé sur l’état psychique fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le type de traitement psy qu’il suivait à cette époque. Je me rappelais la fin d’un François Mitterrand, entre voyantes et reliques de sainte Thérèse, invocations des forces de l’esprit, croyance en l’au-delà et abandon aux médecines de perlimpinpin.

 

Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par sa violence, un vide d’homme perdu qui, hors politique, se défie des questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu’il sort de son savoir-faire politicien, craint les interrogations existentielles et philosophiques car il appréhende ce qu’elles pourraient lui découvrir de lui qui court tout le temps pour n’avoir pas à s’arrêter sur lui-même.

 

Les soixante minutes techniquement consenties s’étaient allongées d’une trentaine d’autres. Les deux rôles en costumes qui le flanquaient jouaient le sablier. Je trouvais l’heure venue pour offrir mes cadeaux. Au ministre de l’intérieur adepte des solutions disciplinaires : Surveiller et punir de Michel Foucault ; au catholique qui confesse que, de temps en temps, la messe en famille l’apaise : L’Antéchrist de Nietzsche ; pour le meurtre du père, le chef de la horde primitive : Totem et tabou de Freud ; pour le libéral qui écrit que l’antilibéralisme c’est  « l’autre nom du communisme » (il dit n’avoir pas dit ça, je sors mes notes et précise le livre, la page…) : Qu’est-ce que la propriété ? de Proudhon. Comme un enfant un soir de Noël, il déchire avidement. Il ajoute : « j’aime bien les cadeaux ». Puis : « Mais je vais donc être obligé de vous en faire alors ? »… Comme prévu.

Dans l’entrebâillement de la porte de son bureau, la tension est tombée. Qui prend l’initiative de dire que la rencontre se termine mieux qu’elle n’a commencé ? Je ne sais plus. Il commente : «  Normal, on est deux bêtes chacun dans notre genre, non ? Il faut que ça se renifle des bêtes comme ça… » Je suis sidéré du registre : l’animalité, l’olfaction, l’odorat. Le degré zéro de l’humanité donc. Je le plains plus encore. Je conçois que Socrate le plongerait dans des abîmes dont il ne reviendrait pas… Du moins : dont l’homme politique ne reviendrait pas. Ou, disons-le autrement : dont l’homme politique reviendrait, certes, mais en ayant laissé derrière lui sa défroque politique pour devenir enfin un homme.

Alors que ses cerbères le prennent presque par la manche, il manifeste le désir de continuer cette conversation, pour le plaisir du débat et de l’échange, afin d’aller plus loin. Tout de go, il me propose de l’accompagner, sans journalistes – il fait un mouvement de bras dans la direction des comparses de Philosophie magazine comme pour signifier leur congé dans un geste qui trahit ce qu’il pense probablement de toute la corporation… Je refuse. Une autre fois ? Les deux amis ont leurs deux paires d’yeux qui clignotent comme des loupiotes… Voyons donc pour plus tard… Dernier mot de Nicolas Sarkozy en forme de lapsus, il est mouvement vers la sortie : « Je suis quand même un drôle de type, non ? Je dois convaincre soixante-cinq millions de français, et je vous dis, là, que je voudrais continuer la conversation ! Hein ? Non ? Il n’y a pas autre chose à faire ? Quand même… ».

Soixante-cinq millions c’est le nombre des français à convaincre d’amour, pas celui des électeurs à convaincre de voter…

 

! --> Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 2. L'hémisphère gauche d'un homme de droite 

 

 

 

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!  voir aussi (sur le joujou rouge) :

--> Question pour un champion

--> L'Europe nous regarde...

 

et (liens) :

--> n.sarkozy dans son propre rôle (clip-montage durée 10 mn)

--le journaliste Edwy Plenel s'engage contre Nicolas Sarkozy  (clip - témoignage)

--le vrai Sarkozy  (presse écrite - Marianne, 14 au 20 avril 2007 - fichier pdf)

 

 

 

Par tRioL - Publié dans : Opinion
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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /Avr /2007 00:14

De : tRioL <triol@striol.com>
À : Jloupf
Envoyé le : Jeudi, 5 Avril 2007
Objet : question pour un champion

Jloupf !

Un petit mot rapide, car ton com d'hier, je ne sais pas l'interpréter.

Si tu veux on en parle.

Zib,

tR.

 

 

 

----- Original Message -----

From: Jloupf

To: tRioL triol@striol.com

Sent: Friday, April 06, 2007

Subject: Re : question pour un champion

Bonjour !
J'attendais ton e-mail...
C'est vrai, mon com d'avant hier peut avoir plusieurs significations.

Comme tu le sais déjà, je suis à Berlin depuis deux mois et demi déjà et je suis l'actualité française dans les journaux allemands ainsi que sur internet. Le débat politique est drôlement perçu à l'étranger... La presse se demande où sont passés les débats de fonds. Pourquoi, à deux semaines des élections les principaux échanges entre les candidats sont d'ordres personnels ? Il est vrai qu'en étant à plus de mille kilomètres de Paris, on prend du recul car on n’est pas plongé dans le bain quotidien des péripéties françaises. Je me demande alors : sommes-nous à ce point dépourvus d'arguments et d'opinion pour n'avoir comme seul moyen de pression que les attaques personnelles ?

J'ai peur de Sarkozy. Pourquoi ? Pour ses idées évidemment. Mais aussi parce que je sais que c'est un homme intelligent, un bosseur et un grand communiquant.

Dans le mail que tu as reçu et publié, environs 20 % des informations sont exactes (c'est-à-dire qu'elles sont parues telles quelles dans différents médias), la moitié est sans doute vraie encore faut-il aller vérifier. Quant au reste, je me demande bien à quoi peut-il servir.

Exemples :

1) La famille Sarkozy aurait fuit la Hongrie pour échapper au jugement des collaborateurs. (Vraie archives de la Stasi)
    - Qui a eu accès aux archives de la Stasi assez longtemps pour se renseigner sur les aïeuls Sarkozy de façon objective ?
    - La chasse aux collaborateurs a également eu lieu en France. Que cherchaient donc à fuir exactement les Sarkozy en quittant la Hongrie ?
    - Combien de familles françaises descendent aujourd'hui d'anciens collaborateurs ?
Ce serait un peu comme dire qu'aujourd'hui tous les allemands sont des nazis. Les générations passent et emportent avec elles - heureusement ! - les idées extrêmes. On ne peut pas reprocher aux jeunes générations les actes de leurs parents, séparons les choses.

2) Nicolas Sarkozy ainsi que certains de son entourage ont fait partie de mouvements d'extrême droite dans leur jeunesse.
    - François Mitterrand était Camelot du Roi à l'Action Française avant d'entrer au Parti Socialiste. Il distribuait une feuille de chou conservatrice, révisionniste et royaliste à la sortie des églises.
    - Lionel Jospin a fait partie du mouvement trotskiste ce qui est pour moi aussi dangereux que n'importe quel autre extrême.

3) Nicolas Sarkozy a mis en place une campagne de désinformation concernant le nuage de Tchernobyl lorsqu'il était délégué interministériel.
    - Qui était 1er Ministre à l'époque ? Jacques Chirac. Porte parole du gouvernement ? Alain Juppé. Nous avions d'autres arguments contre eux lorsqu'il s'agissait de débattre avec eux. On n’a rien de plus neuf à se mettre sous la dent avec Sarkozy ? Dans ce cas, acceptons que le cabinet de campagne de Nicolas Sarkozy rappelle que Laurent Fabius, éléphant socialiste rappelé à la rescousse par Ségolène Royal, a été poursuivi dans l'affaire du sang contaminé.

4) C'est à cause de l'insécurité mise en place par Nicolas Sarkozy que Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour en 2002.
    - La bonne blague ! Quel était le taux d'abstention en 2002 ? 28,4% soit le plus fort taux depuis au moins 1965. Rappelons qu'aux élections de 1969 faisant suite aux événements de Mai 68, aucun parti d'extrême droite n'était présent au premier tour. Le fait que l'insécurité profite au Front National ne s'est jamais avéré et c'est faire le lit des extrêmes que d'en affirmer le contraire. À force de le répéter, dans le climat actuel des choses (je ne te raconte pas le déchaînement de la presse étrangère suite aux émeutes Gare du Nord), les gens vont finir par le croire et c'est cela qui est dangereux. Nos arguments de doivent pas se retourner contre nous.

5) Sarkozy serait à l'origine du décès d'un jeune garçon en Corse.
    - L'information est un peu grosse pour que j'en fasse la connaissance par l'intermédiaire d'un mail dont je ne connais ni l'auteur ni les références et que j'en n'entende parler nulle part ailleurs.
    - Pourquoi la source de l'information (Corse matin) se situe après la phrase "un enfant s'est gravement blessé en randonnée et il est mort" et non pas après "il n'a pas pu être emmené aux urgences à temps, Sarkozy avait le seul hélicoptère de disponible" ? Ça me chatouille les méninges...

Quant à l'étymologie hongroise de Sarkozy, c'est rigolo. Le savoir nous donne sans doute l'impression d'être un peu plus culturé et nous permettra de faire rire une prochaine conquête nocturne lors d'un dîner mondain. Mais quel est le poids d'une telle information dans le débat politique public ? Cela ne risque-t-il pas de nous décrédibiliser ? On peut aussi s'amuser avec Royal, pourquoi pas ?

Ta cause est noble. Je pense qu'il est plus qu'important d'informer sur la dangerosité d'un tel homme. Mais je pense également qu'il faut utiliser d'autres moyens que nos adversaires à savoir la démagogie. Ce type d'information - tel qu'il est mis en forme, annoncé... - ne prêche qu'à des convaincus et n'éveille pas la mise en garde des indécis. Au contraire, il nous dessert. Si moi, qui combat de toute mes forces n'importe quelle forme d'extrémisme du haut de ma petite expérience, j'ai été capable de déconstruire la plupart des informations relatives à quelqu'un d'aussi intelligent, expérimenté et démagogue, imagine ce qu'il fait lui de ce type d'argumentaire. Il l'avale avec d'autres à son petit déjeuner. C'est en restant dans "l'à-peu-près" que nous perdrons.

De plus, je crois également que le fait d'associer l'image de Sarkozy ou de n'importe quel autre homme politique à celle des représentants de l'ordre, des représentants de la loi à savoir les CRS, mais aussi la police en général, l'armée, ces corps de métiers plus républicains que n'importe quel autre, est extrêmement dangereux. Cela risque d'aggraver les rapports entre la population et ceux chargés de les protéger contre n'importe quels dangers, y compris le despotisme. C'est comme associer l'image de nos parents à des monstres sanguinaires qui ne cherchent qu'à emmerder leur progéniture. Ce sont des idées adolescentes que la maturité a tôt fait de balayer. Il est tellement plus rassurant d'avoir la force publique à côté de soi, pourquoi tenons-nous absolument à la renvoyer du côté de nos adversaires ?

Tu vois, tout ceci a beaucoup trop d'importance pour figurer dans un commentaire.

J'espère ne t'avoir blessée d'aucune façon que ce soit. Et si c'est le cas je m'en excuse, cela n'est pas mon but. Je te livre simplement le fond de ma pensée.

Amitiés,
Jloupf

 

 

De : tRioL <triol@striol.com>
À : Jloupf
Envoyé le : Samedi, 7 Avril 2007
Objet : Re: Re : question pour un champion

Merci de cette belle réponse. J'avais pris le parti de livrer cet e-mail en l'état, sans n'y rien changer ni ôter (il n'y a que l'histoire étymologique du nom de Sarkozy que j'avais hésité à laisser -aucun intérêt- puis j'ai tranché : respecter jusqu'au bout ma décision de donner tel quel). Je n'y ai même pas corrigé les fautes d'orthographe, l'envie d'initier un débat n'étouffant pas celle d'alarmer, bien au contraire.

Dans l'ensemble, je te rejoins. Je rappelle juste - rapport à l'enfant décédé - que les soins de monsieur Sarkozy pour effacer toute trace de ses frasques sont efficaces. L'énergie déployée pour empêcher, par exemple, un livre de paraître ne peut même pas laisser présager celle que nécessiterait le gommage d'un drame aussi rédhibitoire dans une course électorale. Cela suffirait à expliquer l'absence officielle d’informations là-dessus. La véracité du fait ? Je ne sais pas. Je sais en revanche qu'il n'est pas à un mensonge près et qu'il a du tuer psychiquement déjà nombre de vies, ne serait-ce qu'en séparant des familles traquées par des CRS à la sortie des écoles et dans les files d'attente des Restos du Coeur (!).

Quant à l'image qu'ont les forces de l'ordre en France, elle ne date pas de Sarkozy et fait donc l'objet d'un autre débat, nous sommes d'accord. Cependant, on ne peut pas pour autant, sous cet argument aussi juste soit-il, passer outre que le candidat UMP voit pour la France un Etat répressif, soit policier. Ce serait ignorer l'essence même du danger qu'il représente. Aussi, mon image associée me paraît cohérente. Toi, tu fais partie d'une minorité qui sait réfléchir au-delà du dictat manipulatoire de la grosse machine. Que la France en soit là prouve, hélas, qu'il s'agit bien d'une minorité. C'est dire que la majorité est ignorante de ce qui se trame. Ignorante et amnésique. En dépit de sa présence mémorable à la manif anti-Le Pen, il y a 5 ans, ce fameux 1er mai 2002.

Permettrais-tu au joujou rouge d'offrir notre présent dialogue à ses promeneuses et promeneurs ? Ce dernier est heureux d'avoir initié l'intelligence de tes remarques. C'est, un peu aussi, quelque chose comme cela qu'il espérait... Une ouverture.

Amitiés,

tR.

 

(© Jloupf)

 

From: Jloupf

To: tRioL triol@striol.com

Sent: Friday, April 06, 2007

Subject: Re : Re : Re : question pour un champion

Faire partie d'une minorité est toujours flatteur mais nous confie dans ce cas précis une lourde responsabilité. Celle d'informer, d'éveiller l'autre aux risques qu'on encourt.

Alors publions. Oui, avec plaisir. Si c'est l'occasion de créer une étincelle dans l'esprit des promeneurs, de réveiller notre instinct de liberté et la voix qui sommeille en nous, alors peut être que demain nous ferons partie de la majorité.

Amitiés,
Jloupf

 

 

Par tRioL - Publié dans : Opinion
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 /04 /Avr /2007 00:18

(mar07)

 

 

------------- Message original
> ----------------------------
>  Objet: Communiqué de la Société des Journalistes de France 3

Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l'Elysée ?

Trépigne-t-il déjà en s'imaginant bientôt disposer des pleins pouvoirs ?
 Sans doute grisé par les sondages qui le placent en tête du premier tour, le candidat UMP s'est récemment laissé aller à une petite crise d'autorité dans les locaux de France 3. Une sorte de caprice régalien que l'on croyait appartenir à d'autres temps, ceux de la vénérable ORTF. 
M. Sarkozy a en effet menacé de « virer » notre direction. Comme ça, sur un coup de tête. Parce qu'elle n'a pas daigné lui dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu'il est venu, le 18 mars dernier, participer à l'émission France Europe Express, présentée par Christine Ockrent.

A peine arrivé, Monsieur le Ministre-candidat se laisse d'abord aller à quelques grossièretés, estimant que cette émission « l'emmerde » et qu'il n'a pas envie de la faire !

Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les couloirs de France 3 pour être maquillé, d'autres invités occupant déjà les lieux (et oui, France 3 ne dispose que d'une salle de maquillage). Coupable de ce « crime de lèse- Sarkozy », voici notre direction sur la sellette. « Toute cette direction, il faut la virer », a lâché le candidat UMP, comme le rapporte le Canard Enchaîné du 21 mars 2007. « Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder ». 

Les Français sont désormais prévenus ! L'une des priorités de Nicolas Sarkozy s'il est élu président de la République sera de couper des têtes à France 3. A la trappe ces directeurs qui tardent à exécuter les courbettes.

Le Ministre-candidat avait déjà habitué notre rédaction à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos locaux, face à une rédaction qui ne lui semble manifestement pas suffisamment docile. Comme cette récente  provocation gratuite à l'adresse d'un journaliste du service politique « ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est journaliste de gauche ! ». Désormais, c'est à la direction qu'il veut s'en prendre ?

La Société des Journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne peut qu'être scandalisée par une telle attitude de la part d'un candidat à la plus haute magistrature de France. Nous nous inquiétons que M. Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l'indépendance des chaînes de service public.

Non, monsieur Sarkozy, les journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne sont pas et ne seront jamais vos valets. Ils résisteront à toute menace pesant sur leur indépendance. Si nous devons des comptes, ce n'est pas à un ministre-candidat, mais aux millions de téléspectateurs, qui regardent chaque jour nos journaux d'information.

Par respect pour eux, pour leur intelligence, nous n'accepterons jamais aucune forme de mise sous tutelle politique. Ni de votre part, ni de la part d'aucun autre candidat. 

A bon entendeur.
La Société des Journalistes de France 3. Le 23 mars 2007
 

 

 

-- [re]voir aussi --> Question pour un champion - I - --

 

 

Par tRioL - Publié dans : Opinion
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Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /Avr /2007 00:51

! ADDITIF 10 avril -- Réaction --> La réponse de Jloupf à cet e-mail collectif [échange privé]

 

 

(mar06)

 

---------- Forwarded message ----------
From:  <>
Date: 2 avr. 2007 18:50
Subject: Question pour un champion :]
To:

>
> > >
> > >
Début du message réexpédié :
> > >
> > >>
> > >>
> > >>
Objet : FW: Question pour un champion :
> > >>>
> > >>>

> > >>> Qui suis-je ?
> > >>>
> > >>> Indice : aucun, mais vous allez vite comprendre…
> > >>>
> > >>>
Issu d'une famille hongroise qui a collaboré
> > avec le régime Nazi
> > >>> durant la guerre (vraies archives de la « Stasi
> > ») et qui a fuit la
> > >>> Hongrie pour éviter le jugement pour
> > collaboration.
> > >>>
> > >>>
Dans ma jeunesse je participe à des
> > manifestations contre les
> > >>> étudiants grévistes à la solde d'un mouvement
> > qualifié de «
> > >>> révisionniste ».
> > >>>
> > >>>
Je ne peux pas être le candidat de la « rupture
> > » ou de la «
> > >>> nouveauté »…
> > >>> La politique, j'y suis rentré sous Giscard ! il
> > y a 30 ans ! j'ai
> > >>> été ministre, député, maire, président du
> > conseil général.
> > >>>
> > >>>
Manipulateur ? Je ne le suis pas… !
> > >>> Quelquefois, c'est vrai. Lors de la catastrophe
> > de Tchernobyl
> > >>> j'étais « le » délégué interministériel au
> > nucléaire, qui a mis en
> > >>> place une campagne d'information ou de «
> > désinformation » sur le
> > >>> nuage de Tchernobyl = STOPPER NET ! aux
> > frontières de la France…
> > >>> J'ai toutefois pris soin de ne pas faire
> > apparaître cet épisode de
> > >>> ma vie politique dans ma biographie officielle
> > sur le site Internet
> > >>> du ministère de l'intérieur.
> > >>>
> > >>>
Ministre de l'économie durant une partie du
> > gouvernement Raffarin,
> > >>> j'ai défendu la rigueur et la baisse des
> > dépenses publiques en
> > >>> profitant de la décentralisation de Jean-Pierre…
> > « Oh le con… trahir
> > >>> n'est pas mon problème, seul le résultat compte
> > ».
> > >>>
> > >>>
J'ai réalisé l'ouverture du capital d'EDF-GDF et
> > me suis engagé à ce
> > >>> que jamais ces entreprises ne soient privatisées
> > devant les
> > >>> député(e)s représentants du peuple à l'Assemblée
> > Nationale…
> > >>> … Mais… comment dire... oui… j'ai renié cet
> > engagement en 2006 et
> > >>> voté pour une privatisation de GDF et la fusion
> > de Suez, mais
> > >>> attendez, trop d'ami(e)s de l'UMP voulaient voir
> > la coupe du monde
> > >>> de football en Allemagne offert par Suez…, alors
> > je peux mentir un
> > >>> peu…
> > >>>
> > >>>
Ministre de l'Intérieur depuis 2002, j'ai mis en
> > place de nombreuses
> > >>> lois liberticides et j('ai réussi à faire
> > exploser l'insécurité (ce
> > >>> qui à permis à LE PEN d'être au second tour…).
> > Je suis
> > >>> in-directement responsable du déclenchement de
> > la révolte des
> > >>> banlieues en 2005 par ma politique répressive et
> > des propos qui
> > >>> auraient été insultants envers les jeunes
> > habitants de ces banlieues
> > >>> ? FAUX enfin bon… oui j'ai affirmé que les
> > policiers n'étaient pas
> > >>> en cause… bon, un enregistrement prouve le
> > contraire et alors ? Ils
> > >>> sont mis en examen ? No comment…
> > >>>
> > >>>
J'ai mis en place la loi CESEDA qui organise
> > l'immigration choisie
> > >>> au profit des capitalistes et j'ai mené la
> > chasse des enfants les
> > >>> expulsant, avec parfois des séparations… c'est
> > pas grave, ce sont
> > >>> des étrangers : Portugais, Espagnol… quoi ? non
> > pas cela… des gens
> > >>> du continent A1fricain…
> > >>>
> > >>>
J'ai fait obtenir la légion d'honneur à un de
> > mes amis qui se trouve
> > >>> être un maire d'extrême-droite ayant été
> > condamné à plusieurs
> > >>> reprises pour incitation à la haine raciale.
> > Mais bon, il n'a pas
> > >>> mis le bras droit en avant et fait « Zic Nico »…
> > >>>
> > >>> D'ailleurs, mon plus proche conseiller
> > politique, « Patrick
> > >>> Devedjian » est l'un des membres fondateurs
> > d'Occident, ancien
> > >>> groupe d'extrême droite terroriste et
> > antisémite.
> > >>>
> > >>> J'ai repris l'un des slogans de l'autre J-M Le
> > Pen « la France, tu
> > >>> l'aimes ou tu la quittes ». Manger dans
> > l'assiette pourrie du
> > >>> voisin, je m'en fous, seul le résultat compte.
> > D'ailleurs je peux me
> > >>> vanter d'avoir la sympathie de l'électorat du
> > >>> Front National.
> > >>>
> > >>> Je suis un fervent partisan des Etats-Unis, de
> > George Bush et les
> > >>> néo-conservateurs américains m'apprécient
> > beaucoup (soutient écrit).
> > >>> Je suis pour la guerre en Irak et je suis venu
> > apporter mon soutient
> > >>> à mon ami George Bush. Je me suis fait
> > photographier lui serrant la
> > >>> main (photo qui rappelle la sinistre poignée de
> > main entre Pétain et
> > >>> Hitler) et, pour paraître plus grand, j'ai fait
> > modifier cette photo
> > >>> (pratique qui rappelle les modifications de
> > photos dans un but de
> > >>> propagande réalisées par Staline et Mao Tsé
> > Dong).
> > >>>
> > >>> Lors de l'affaire Clearstream, j'étais au
> > courant dès le début que
> > >>> mon nom était présent dans les listings, liste
> > que j'ai eue en main
> > >>> propre… mais j'ai laissé faire dans le but
> > d'apparaître comme une
> > >>> victime, cela gagne de la sympathie dans
> > l'Audimat.
> > >>> J'ai déclaré que je souhaitais voir « pendu à un
> > crochet de boucher
> > >>> » ceux qui ont mis mon nom sur les listings.
> > Bon, une phrase
> > >>> empruntée à une référence :
> > >>> Hitler lui aussi voulait voir « pendu à un
> > crochet de boucher » ceux
> > >>> qui ont organisé l'attentat manqué contre lui…
> > ceci est aussi
> > >>> véridique que le reste !
> > >>>
> > >>>
Il y a quelques mois, avide de prestance, j'ai
> > dévoilé à la T.V.
> > >>> qu'une opération d'arrestation de terroristes
> > allait avoir lieu,
> > >>> ainsi j'ai risqué de faire échouer cette
> > arrestation…
> > >>>
> > >>>
Oui ! Le peuple doit être soumis par les radars,
> > certains perdent
> > >>> travail, argent, mais enfin, la rentrée est trop
> > importante… Mais
> > >>> bon prince « totalitaire » je vais modifier très
> > légèrement le
> > >>> statut (pour les plus riches d'entre vous…), par
> > les routiers !
> > >>> Ainsi, ils pourront racheter un peu plus
> > facilement leurs points
> > >>> perdus, argent comptant bien sur !...
> > >>>
> > >>>
Lors d'une visite « électorale » en Corse, à vos
> > frais pauvres
> > >>> contribuables, j'ai utilisé pour moi le seul
> > hélicoptère de l'île.
> > >>> Et Chirac l'a fait aussi…
> > >>> Cependant, un enfant s'est gravement blessé le
> > même jour en
> > >>> randonnée et il est mort (information de Corse
> > matin), il n'a pas pu
> > >>> être emmené aux urgences à temps, j'avais le
> > seul hélicoptère de
> > >>> disponible : une vie pour un peu d'arrogance…
> > facture 1 000.00 €
> > >>> HT/par heure.
> > >>>
> > >>> Je suis, je suis…
> > >>>
> > >>>
> > >>> N.S.
> > >>>
> > >>>
> > >>>
Son nom est impossible à écrire : trop de honte
> > sur lui.
> > >>> Seuls 4.5% de la population est au courant, avec
> > l'aide d'Internet,
> > >>> près de 40% le seront avant l'élection. NON il
> > ne passera pas !!!
> > >>>
> > >>>

> > >>> Dans le dernier Charlie hebdo (en vente jusqu'à
> > demain), l'article «
> > >>> Sarkosy fait se marrer les Hongrois » nous
> > apprend de bien belles
> > >>> choses sur notre petit
> > grand-homme-que-le-monde-entier-nous-envie.
> > >>>
> > >>> Lancés dans une grande enquête d'investigation,
> > les journalistes de
> > >>> ce prestigieux hebdo se sont allés voir les
> > ressortissants hongrois
> > >>> vivant dans notre beau pays afin de trouver la
> > réponse à cette
> > >>> épineuse question : que signifie « Sarkosy »,
> > notre héros étant,
> > >>> comme chacun sait, d'origine magyare.
> > >>>
> > >>> Eh bien, la réponse n'est pas piquée des
> > hannetons.
> > >>>
> > >>> On apprend d'abord que son nom se prononce «
> > char-kö-sy » en
> > >>> hongrois et signifie littéralement « dans la
> > boue ». il proviendrait
> > >>> de la ville hongroise de Sarköse, batie
> > effectivement sur des
> > >>> marécages, le « y » final indiquant une origine
> > noble (son nom
> > >>> complet est en fait Sarkosy (de) Nagy-Bocsa).
> > >>>
> > >>> Si son papa n'avait pas quitté la Hongrie en
> > 1946 ou 1947 lors de
> > >>> l'instauration du régime communiste, notre phare
> > de la pensée serait
> > >>> peut être aujourd'hui un hobereau hongrois
> > vivant confortablement
> > >>> des revenus de son domaine ; dès lors, on
> > comprend mieux qu'il ne
> > >>> soit que modérément gauchiste, sauf quand il
> > s'agit de faire
> > >>> référence à Jaurès et Blum dans le vain espoir
> > de grappiller
> > >>> quelques voix à gauche…
> > >>>
> > >>> Mais ce qui fait le plus marrer les Hongrois
> > interrogés, c'est la
> > >>> prononciation de son nom à la française : «
> > Sar-ko-sy ». En effet,
> > >>> le phonème « Sar » signifie « merde » en
> > hongrois (qui s'écrit en
> > >>> fait « szar »).
> > >>>
> > >>> Et l'on apprend que « Sarkosy » prononcé à la
> > française, signifie
> > >>> littéralement « dans la merde » en hongrois…
> > >>>
> > >>> Véridique !!
> > >>>
> > >>> De là à dire que si notre idole accède à la
> > magistrature suprême le
> > >>> 6 mai prochain, ce seront quelques millions de
> > personnes – Français
> > >>> et étrangers – qui seront « Sarkosy » jusqu'au
> > cou…
> > >>>
> > >>> A faire suivre…
> > >>>
> > >>>
> > >>
> > >>
> > >>
> > >>
> > >>
> > >
> > >
> > >
> >
> >
>
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>
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Par tRioL - Publié dans : Opinion
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